Mener son projet de solidarité internationale : à quoi faut-il penser ? Quelques bases.

Attention, ceci est non exhaustif et sera à compléter par vos propres réflexions sur votre projet.

 

Votre projet. Votre projet de solidarité peut s’axer autour d’une thématique qui vous touche, vous intéresse particulièrement, à partir d’un contact que vous avez. Il peut aussi être la continuité d’un projet déjà mené.

Dans le cas d’une thématique, comme l’alphabétisation, renseignez-vous sur les organismes qui pourraient vous rediriger vers des pistes ou des contacts précis qui pourraient faciliter l’avancée de votre projet.

Si vous possédez déjà un contact, faites dans un premier temps attention à sa fiabilité. Il est en effet dangereux de trouver un contact local sur internet… Assurez-vous donc d’être en sécurité avant tout ! Si votre contact s’avère sérieux, il va falloir définir avec lui les modalités de votre projet, y réfléchir sans se presser, allier les besoins et vos capacités en tant qu’étudiants.

Si vous reprenez un projet existant, une bonne transmission (voire un accompagnement) de l’équipe précédente est indispensable. Non seulement elle sera très motivante, mais elle apportera également des clefs pour mener le projet à bien grâce au regard extérieur qu’elle peut apporter sur les aspects pratiques et éthiques. Cette transmission ne dispense pas pour autant d’une réflexion ! Il faut redéfinir les objectifs du projet, rediscuter avec le partenaire (si partenaire il y a), revoir les méthodes de travail et les responsabilités que le projet peut induire… En bref, la base de votre projet reste une réflexion nécessaire et posée.

Membres de votre projet. Vous avez monté votre future équipe : c’est un bon début. Il va maintenant falloir s’assurer que chacun soit au courant de ce qu’il se passe : une bonne communication est donc essentielle. Se retrouver lors de réunions mensuelles voire hebdomadaires est primordial. Cela vous permettra de redéfinir à chaque fois ce qu’il vous faut encore faire avant le départ et de répartir les tâches entre les différents membres. La présence de chacun est d’autant plus importante qu’elle permet une réflexion et des idées supplémentaires. Le travail d’équipe est finalement autant porteur de valeur que le projet lui-même !

Pensez également à la cohésion du groupe. Plus l’ambiance au sein de celui-ci sera agréable et détendue, plus vous prendrez de plaisir à mener votre projet à bien. N’hésitez pas à partir un week-end avant le grand départ pour vous habituer à la vie ensemble, par exemple.

Le calendrier. Ne vous laissez pas avoir par le temps et ne vous y prenez pas trop tard. Certaines démarches administratives, comme les vaccins par exemple demandent un certain délai avant d’être valides. Renseignez-vous donc dès le début sur ce dont vous aurez besoin pour partir !  De plus, votre année sera rythmée par vos cours, vos loisirs, votre famille : il est donc important de prévoir à l’avance toutes les étapes qui permettront à votre projet d’être mené à bien.

Se former. Lorsque votre projet est défini, attention à ne pas vous lancer trop vite. On n’y pense pas assez, mais prenez le temps de vous former auprès d’associations locales par exemple. Il est important de partir avec des bases, de se préparer, car sur place tout ne se passe pas comme on peut l’imaginer. En partant avec des outils, vous vous adapterez plus facilement aux besoins.

La FNEO peut aussi proposer des formations lors de ses différents événements.

Le financement. Certains partenaires peuvent vous financer si vous le leur demandez à temps et que votre dossier est accepté. Pensez à demander aux collectivités telles que les mairies, les conseils régionaux et généraux, les systèmes intercommunaux… Mais également au CROUS et à la fac (FSDIE).

Les collectivités ont parfois des politiques, des thèmes ou des zones d’intervention définis. Renseignez-vous là-dessus pour pouvoir glisser quelques mots-clés qui pourraient vous aider à leur « vendre » votre projet.

Le FSDIE est le Fonds de Solidarité et de Développement des Initiatives Etudiantes. Il se constitue en partie des frais d’inscriptions que versent les étudiants chaque année. La commission FSDIE s’occupe de répartir ces fonds entre des projets associatifs à but non lucratif. Pour connaître la procédure à suivre, renseignez-vous sur le site de votre université ou auprès de votre administration.

Le CROUS possède un dispositif culture/action. Les dossiers sont à retourner 2 semaines avant la date de la commission. Attention, le projet présenté doit déjà avoir obtenu plusieurs soutiens financiers et doit avoir des retombées et une visibilité pour le milieu étudiant.

Vous pouvez également vous autofinancer en menant des petites actions simples à mettre en place. En voici quelques exemples :

  • Les papiers cadeaux : demandez à un magasin (si possible un magasin à succès en période de Noël) de tenir un stand près de leurs caisses pour les mois de novembre et/ou décembre. Proposez un don libre aux clients qui demanderont vos services. Préparez affiches, t-shirts etc pour donner une visibilité à votre stand et à votre projet. Les gens s’intéresseront ainsi plus facilement à vous. Attention à contacter le magasin très tôt dans l’année car ce type d’action est courant et les grands magasins sont très sollicités. Assurez-vous également d’avoir toujours quelqu’un pour couvrir les périodes de la journée susceptibles d’être propices pour les achats de Noël.
  • Ventes de gâteaux : au sein de votre fac, à la sortie de concerts ou de lycées… Mais attention aux autorisations ! Pour les manifestations sur la voie publique, faites une demande longtemps à l’avance à la mairie.
  • Soirées et sorties
  • L’ensachage : même principe que les papiers cadeaux, il faut démarcher les supermarchés afin de pouvoir vous poster aux caisses pour mettre les achats des clients dans des sacs plastiques.
  • Tombola…

Avant le départ. Pour les billets d’avion, ce n’est pas un secret, prenez-les au plus tôt ! Pour cela il faut donc être sûr de la date de votre voyage pour être réactif.

Concernant les assurances, faites attention à ce qu’elles soient bien multirisques et qu’elles aient un numéro d’urgence joignable depuis l’étranger à toute heure.  Dans l’idéal, il vous faudrait être couvert pour les visites du médecin, les soins d’urgence (médicaux, dentaires, transport…), le rapatriement et les frais d’accompagnement par une équipe médicale, le rapatriement de votre corps en cas de décès et la protection en cas d’annulation ou d’interruption de voyage.

Pensez bien à avoir sur vous une copie des documents de l’assurance et à en donner une à vos proches. Ayez également la photocopie de tous vos papiers d’identité (et ordonnances) que vous préférerez aux originaux lorsque vous serez en déplacement dans le pays.

Pour le visa et le passeport, faites attention aux dates. Pour le visa, faites en sorte de vous y prendre suffisamment tôt car le délai d’attente est parfois long (cela dépend des pays), mais pas trop en avance car il est valable un certain nombre de mois à partir du jour où on vous l’a délivré. Pour les passeports, vérifiez qu’ils soient toujours valides à la date où vous partirez, sinon il vous faudra le renouveler et cela prend au moins un mois, voire plus selon les villes.

Niveau santé, pensez aux vaccins, notamment ceux indispensables pour entrer dans le pays. Pour la trousse de secours, demandez à votre médecin quoi prendre et notez tout ce qu’il pourra vous dire à propos de l’utilisation de certains produits/médicaments.

Concernant la sécurité, enregistrez-vous sur le portail ARIANE du ministère qui vous tiendra informé par SMS au moindre changement de situation dans le pays.

Sur place. Renseignez-vous sur ce qui est interdit et autorisé. Effectivement, dans certains pays, les gens peuvent vous réclamer de l’argent si vous les prenez en photo, ou vous pourrez être très mal vus si vous portez des vêtements qui couvrent peu vos jambes par exemple.

Faites marcher l’économie locale ! Avant d’emporter certaines choses dans vos bagages quand vous partirez pour votre projet, assurez-vous que vous ne puissiez pas acheter la même chose sur place.

Avant d’amener des livres par exemple, assurez-vous de ce que la ville/le village possède déjà dans ses bibliothèques et ce dont elle a besoin. De plus, si vous amenez des livres pour enfants, veillez à ce que les histoires soient les plus adaptées possible. En effet, certaines mettent en scène des termes ou objets parfois totalement inconnues aux enfants d’autres pays…

                       

Evidemment, tout ceci n’est qu’une liste non exhaustive de ce qu’il vous faudra faire. Mais avant tout n’oubliez pas qu’une réflexion est nécessaire pour ce genre de projet. Posez-vous les bonnes questions, et il ne fait aucun doute que votre projet sera une petite merveille…

 

Quelques interlocuteurs à connaître :

Orthophonistes du Monde est une association de solidarité internationale à but non lucratif (loi 1901), créée en 1992 par la FNO. Composée de membres bénévoles qui interviennent en réponse à des demandes hors union européenne, elle met en place des actions pour la formation ou l’appui dans le domaine de l’orthophonie.

FOAF : Créée en 2016, la Fédération des Organisations d’Orthophonistes d’Afrique Francophone réunit les associations nationales des pays d’Afrique Francophone (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Congo Brazzaville, Côte d’Ivoire, Gabon, Mali, République Démocratique du Congo et Togo). Elle a pour objectif de promouvoir l’orthophonie à travers les pays membres, notamment en œuvrant pour l’harmonisation des législations et des pratiques. Elle favorise également les échanges scientifiques entre les pays membres et la recherche en orthophonie. Si votre projet se déroule dans l’un des pays membres, il est conseillé de prendre contact avec la FOAF, au moins 3 mois à l’avance, pour les informer de la teneur de votre mission.